there are songs that still feel like your teeth on my neck

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Message par Jax Beauchamp le Mar 20 Mar - 13:51

BRAN + JAX
You're the fire and the flood
And I'll always feel you in my blood

Sans grande surprise, il ne fallut pas plus de deux minutes et demie à Jax pour sentir la présence de l’énergumène. Il ne l’avait pourtant pas vu en entrant, à moins que Bran ne se soit immiscé dans la salle enfumée après lui. Mais à peine avait-il jeté un coup d’œil en direction du brouhaha qui émanait d’une table assez reculée qu’il repéra la silhouette familière. Loin de plaire au Louisianais, l’idée d’avoir son ancien complice dans le même périmètre agaça le garde du corps. Pire, il fut tenté de faire demi-tour alors que c’était son seul soir de libre, le seul où il puisse se détendre un peu et, accessoirement, espérer trouver quelqu’un qui soit prêt à lui offrir le bon temps auquel il aspirait depuis trop longtemps – et qui, étrangement, équivalait à peu près à la fois où il avait croisé Brandon Rose dans les bureaux désertés de l’une de tours de Pairidaeza. Lui qui avait secrètement rêvé à ces retrouvailles depuis plus de trois ans regrettait à présent le retour de l’impudent. Depuis que ce dernier était reparu, en effet, Jax Beauchamp avait l’impression d’être encore plus irrité qu’en temps normal – ce qui n’était déjà pas banal – mais, en plus, de danser sur des charbons ardents. Le traitre occupait son esprit bien trop souvent et bien trop longtemps et Jax avait précisément compté sur cette sortie tardive pour chasser l’intrus de ses pensées. Un échec total. Les traits de Jax se durcirent lorsqu’il évalua la situation et il se détourna en maugréant, louvoyant entre les tables pour rejoindre le comptoir auquel il s’accouda, la mine sombre, la mâchoire serrée. Il fit un signe au barman et il n’y eut même pas besoin d’avoir un échange entre eux, Jax était devenu un habitué et les employés savaient comment il fonctionnait : moins on lui parlait, mieux il se portait. Le dos volontairement tourné à la salle, Jax fixa le fond de son verre en faisant tournoyer le liquide ambré comme s’il était hypnotisé par les reflets qui s’y dessinaient. Pourtant, tous ses autres sens étaient dirigés vers le seul point auquel il ne voulait pas songer. Le bar était un repaire à filous, Jax aurait dû se douter qu’il y croiserait son ex-amant, à un moment ou un autre. Alors était-il si surpris de l’y trouver ou avait-il secrètement compté dessus ? Était-ce la raison de son impatience à franchir les portes en bois de cette cave enfumée et trop bruyante ? Comme à son habitude, Jax refoula toute analyse de son comportement et vida son verre d’un trait avant de faire un nouveau signe à celui qui tenait son avenir immédiat entre les mains. Le Louisianais observa le liquide qui s’échappait du goulot pour s’enrouler comme un serpent dans le petit verre et il hocha la tête en guise de reconnaissance. Pas un mot, pour ne pas changer.
Dans son dos, le tohu-bohu persistait mais c’était comme si son ouïe décortiquait la multitude de sons pour chercher le timbre familier de Bran. Et il était si absorbé par la tâche qu’il ne remarqua pas immédiatement le jeune homme qui vint s’installer près de lui, un peu trop proche pour que cela soit innocent, son bras se pressant légèrement contre celui de Jax. Le garde du corps mal luné jeta un coup d’œil à son voisin et reconnut un garçon qu’il avait embarqué quelques semaines plus tôt – quelques jours à peine avant la réapparition du fantôme d’un amour écorché, d’ailleurs, songea le Louisianais en retournant à son verre. L’autre ne lui adressa pas la parole mais Jax savait très bien ce qu’il attendait : un signe, même le battement de cils le plus furtif, pour signifier qu’ils repartaient à deux pour s’enfoncer dans la nuit noire, où l’anonymat de leur étreinte ne les empêcherait pas de savourer le corps à corps. Et, bon sang, comme Jax aurait souhaité que cela soit si simple. Il aurait voulu vider son verre et sortir sans un regard de plus pour son acolyte d’un soir, faire mine de rentrer chez lui quand il s’éloignait juste de l’entrée du bar et trouvait un coin isolé. Il aurait voulu que ce grand échalas aux boucles auburn le rejoigne et n’y aille pas par quatre chemins. C’était ça que Jax espérait de ces rencontres clandestines : des actes, une conversation dénuée de paroles où seules leurs mains agissaient, jamais les bouches. Jamais celle de Jax, en tout cas, qui ne refusait pas l’offrande de lèvres gourmandes mais excluait de rendre la pareille. Par chance, il avait toujours trouvé des partenaires sur la même longueur d’onde, qui ne cherchaient rien d’autre qu’une main habile et de quoi les envoyer dans un autre monde. Jax aurait même été prêt à trahir sa règle principale qui consistait à ne jamais réitérer l’exploit avec le même homme et qui l’aurait conduit, en d’autres circonstances, à envoyer balader le freluquet ce soir. La présence de Bran dans les parages le poussait presque à souhaiter retrouver le corps de cet inconnu qui tremblait légèrement sous lui, qui haletait comme un petit chien et serrait ses hanches comme s’il craignait de tomber. Mais il se sentait incapable de faire le chemin inverse, de quitter le bar, pas alors que l’imprudent était là, à faire dieu sait quoi – une connerie, assurément. Alors Jax secoua la tête d’un air revêche, pour bien faire saisir à l’autre qu’il était inutile d’espérer quoi que ce soit de lui ce soir. Le garçon ne chercha même pas à cacher son sourire déçu tandis qu’il soupirait :
- C’était pas bien, l’autre fois, c’est ça ?
Jax le maudit de ne pas lâcher l’affaire pour aller se chercher un autre prédateur. Il y avait sûrement, quelque part dans l’assistance, quelqu’un qui le mettrait à genoux et le ferait jouir en un tournemain (quelque chose lui disait en effet qu’il n’aurait pas besoin de grand-chose pour exploser). Jax non plus, d’ailleurs, mais ça ne serait pas le même genre d’explosion et ça ne serait pas pour les mêmes raisons.
- Je suis pas d’humeur, va voir ailleurs, répliqua Jax, ce qui était plus de mots qu’il ne voulait concéder au départ.
L’autre acquiesça sans grande conviction.
- Une autre fois, peut-être, alors ?
Jax ne prit pas la peine de réagir et l’inconnu s’éclipsa sans un mot, se fondant dans la masse et laissant au Louisianais tout le loisir de revenir à sa besogne initiale.
Entre-temps, le ton semblait avoir monté à la table de Bran et Jax jeta un coup d’œil par-dessus son épaule. Deux types s’étaient redressés, un autre restait assis et, là au milieu, cette saleté de Brandon Rose qui souriait de toutes ses dents, de cet air effronté qui faisait autant chavirer le cœur de Jax qu’il lui donnait envie de lui faire passer ce sourire épineux. Que foutait-il cette fois-ci, ce demi-dieu particulièrement doué pour se fourrer dans des emmerdes jusqu’au cou ? Mais il était passé, le temps où Jax se souciait du sort de son coéquipier. Qu’il aille au diable. Si on lui faisait la tête au carré, ça ne serait qu’une bonne leçon supplémentaire qu’il ne retiendrait assurément pas. Cette promesse que se fit Jax, elle ramena cependant une image douloureuse : celle du corps de l’impudent, le sang qui maculait ses vêtements, la plaie qu’il avait fallu désinfecter et la peau écartelée qu’il avait voulu refermer d’un baiser illusoire à l’époque. L’image de la chambre miteuse lui sauta au visage et Jax la refoula du mieux qu’il put. Ça n’était pas le moment de flancher, il avait bien vu, l’autre soir, que Bran se fichait toujours autant de sa propre sécurité. Il était même étonnant qu’il soit encore vivant, à l’heure qu’il était. Avait-il trouvé un autre imbécile pour veiller sur sa tronche angélique ou était-ce un heureux hasard qu’il ne soit pas enterré six pieds sous terre ?
Le Louisianais n’eut cependant pas le loisir de pousser la réflexion plus loin : un raclement de chaises fit tourner la plupart des têtes, dont la sienne et il assista à la scène sans broncher, comme s’il était enchainé à ce comptoir alors qu’un poing s’abattait une fois, puis deux, sur le visage du fauteur de trouble. C’était bien fait pour sa gueule d’ange, s’efforça-t-il de se dire, même s’il sentait la vague qui arrivait à vive allure dans sa direction. Il eut encore la force de voir un coup partir puis il fut sur eux avant même d’avoir réalisé ce qu’il se passait. Tel la foudre qui s’abat au milieu d’un champ, Jax fondit sur le groupe, attrapa celui qui frappait toujours par les épaules et l’envoya valser contre un mur aussi aisément que s’il avait été question d’un oreiller lors d’une bataille de polochon. Une main lui agrippa le bras et il ne prit même pas la peine de se tourner, assénant un coup de coude bien senti sur le nez de l’assaillant. Une lueur dangereuse brillait dans les yeux du garde du corps lorsqu’il posa le regard sur le dernier de la troupe mais ce dernier, bien plus malin que les autres, se contenta de lever les mains pour annoncer son forfait. Le type qui avait accusé son coup de coude était vautré par terre et se tenait le visage, du sang glissant en rigole entre ses doigts. Le troisième peinait à se relever, probablement sonné par le vol plané, mais s’ils se remettaient à trois sur eux, Jax n’était pas certain de pouvoir leur faire regretter d’être nés. Aussi se tourna-t-il vers Bran et d’un ton qui n’admettait aucune réplique, il gronda :
- Lève-toi, crétin. La fête est finie.
Et comme pour dissuader le jeune homme de lui désobéir, Jax l’attrapa par le col de sa veste et le poussa dehors comme un père le ferait avec son sale garnement de fils. À la différence que le tissu sous ses doigts lui rappelait surtout le nombre de chemises qu’il avait ruinées, au grand dam de son acolyte. Ce soir ne dérogerait certainement pas à la règle.
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