will you remember all the danger we came from?

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will you remember all the danger we came from?

Message par Jax Beauchamp le Mar 20 Mar - 13:46


Wishin' I could see the machinations
Understand the toil of expectations in your mind

En découvrant la silhouette qui lui tournait le dos, Jax eut l’impression qu’une vague s’éleva au-dessus de lui et lui retomba brutalement dessus. Pourtant, il avait eu comme un pressentiment. Quelque chose avait indubitablement remué en lui au moment où l’appareil qui trônait sur la table de nuit s’était mis à vibrer et à diffuser une lumière vive.
Le réveil avait été instantané, Jax avait l’habitude de ces incursions dans sa vie privée – si tant est qu’on puisse appeler celle-ci ainsi. Elles étaient légion, l’appel pouvait survenir à n’importe quel moment. C’était la rançon de la gloire ou, plutôt, c’était le prix à payer pour le salaire mirobolant qu’il touchait depuis qu’il avait accepté la proposition d’emploi. Un poste pour lequel il avait les compétences requises mais qui avait été un changement radical dans son mode de vie. À présent, Jax Beauchamp ne jouait plus des poings, à moins que son patron soit dans la merde (ce qui n’était heureusement pas encore arrivé), il devait toujours faire preuve de patience mais il n’était plus question de veiller dans une voiture, dans le renfoncement obscur d’une rue, mais plutôt de veiller à la sécurité de celui qui le payait grassement. Il s’agissait d’en imposer et cela ressemblait presqu’à la retraite évoquée voilà bien longtemps. En apparence, le danger s’était écarté, il vivait une vie plus rangée, moins aléatoire, même si les risques étaient toujours là. À tout moment, une attaque pouvait survenir, évidemment, c’était toujours périlleux d’être un homme influent et bras droit de l’un des CEO d’une multinationale spécialisée dans les clones, mais jusqu’à présent – Jax touchait du bois – les hypothèses n’étaient restées que ça, des hypothèses. Jax recevait un salaire honteux pour des tâches qui relevaient plus du garde du corps qu’autre chose. Certes, le Louisianais ne s’en plaignait pas, même si l’un des inconvénients du métier était l’obligation de toujours être disponible pour les moindres désirs de son employeur.
En ce moment, cependant, Wakefield était en voyage d’affaire en Europe et lui, le garde du corps de l’ombre, il était resté à Mount Oak dans un but bien précis : veiller au grain en cas de problème. Comme quand son appareil se mettait à clignoter frénétiquement, par exemple, signalant une effraction du côté des laboratoires – là où se cachaient les secrets de fabrications et autres missions top secrètes dont Jax n’avait aucune connaissance. L’homme de main émit un grognement agacé et se leva. Ses doigts tapotèrent l’écran tactique pour repérer le périmètre franchi et il fronça les sourcils. C’était à ce moment-là, cet instant précis et bref, que le doute s’insinua et qu’il chassa au plus vite. Il n’avait plus vraiment eu de nouvelles, même de façon détournée, des agissements de Brandon Rose, alors pourquoi associer cet éveil nocturne au jeune homme qu’il avait si énergiquement chassé de ses pensées durant ces dernières années ?
Le corps allongé sur l’autre moitié du lit remua et Jax jeta un bref coup d’œil à sa femme avant de se lever. Elle avait l’habitude de ses allées et venues inexpliquées et il ne doutait pas un instant qu’elle retournerait à ses rêves sans se soucier des raisons de son départ soudain en pleine nuit. Le Louisianais s’habilla dans la pénombre, attrapa son Pass, son arme et quitta l’appartement sans un mot, prenant la direction des laboratoires, prêt à en découdre avec l’imprudent qui osait essayer de voler son patron.
Il connaissait désormais les lieux par cœur et il entra par une porte de service, son sésame lui ouvrant tous les accès sans émettre le moindre son qui pourrait trahir son arrivée. L’arme au poing, Jax pénétra dans la bâtisse plongée dans l’obscurité et suivit le plan lumineux qui indiquait où se trouvait l’intrus inconscient de l’arrivée du danger. Quand Jax parvint à l’endroit indiqué, il rangea son appareil dans la poche de sa veste et leva le bras, s’avançant avec un silence étonnant pour une telle masse et quand son regard sombre avisa la silhouette, l’image saugrenue qui lui était furtivement passée par la tête quelques minutes plus tôt lui sauta à nouveau dessus, lui coupant la respiration pendant une fraction de seconde.
Le doute n’était plus permis, quand bien même des années le séparait de la dernière fois où il avait posé le regard sur Brandon Rose, la mémoire ne lui ferait jamais défaut et une vague de colère s’insinua en lui tandis qu’il comblait les quelques derniers mètres qui le séparaient du voleur. Sans un mot, il vint placer l’extrémité de son arme contre la nuque de l’impudent, la respiration hachée, annonçant ainsi à Bran que la partie était terminée. Mais quand son ancien amant fit un mouvement infime – pour se retourner ou pour échapper au danger, Jax l’ignorait – le Louisianais n’hésita pas une seconde. Son bras libre vint brutalement enserrer le cou délicat du voleur et il le tira en arrière, contre son large torse, le canon de l’arme désormais posé contre la tempe de sa victime.
Et Jax sut qu’il aurait dû dire quelque chose, n’importe quoi. Mais ses lèvres étaient trop pincées, son cœur battait lourdement dans sa poitrine – si lourdement, d’ailleurs, qu’il se demanda si Bran pouvait le sentir tambouriner contre son omoplate – et il resserra sa prise sur la gorge du jeune homme, pour lui ôter toute envie de chercher à se débattre.
Pour la première fois, ils n’étaient pas dans le même camp et connaissant l’énergumène, Jax savait que ce ne serait pas une mince affaire de le détourner de son objectif. Mais il avait lui-même des ordres, on comptait sur lui et s’il n’avait aucune idée de la tournure qu’allait prendre cet affrontement, Jax se laissa quelques secondes pour savourer cette proximité qui lui avait tant manqué, cette intimité subitement retrouvée et qui risquait de lui être arrachée aussi rapidement. Il ferma un instant les yeux et s’imprégna de l’odeur encore familière, bien que disparue depuis trois ans. C’était comme si c’était hier. C’était comme si rien n’avait changé.
Alors que rien n’était plus pareil.
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